je me souviens

des carambars à 5 cts de francs, des ordinateurs sans disque dur, d'avoir appris une scène du Malade Imaginaire en compagnie d' Alexandra, juchées sur le toît de sa maison à Queens, l'époque où les faxs n'existaient pas, le générique de l'Ile Aux Enfants.

mardi, mai 08, 2007

Humeur jeteuse

Je jette. Je n'en peux plus de crouler sous tout, papier, bibelots, livres, vêtements, nappes, fleurs séchées, bulbes d'amaryllis. Je jette des centaines de feuilles. Je jette même des livres (1). Cette exposition aux vestiges du passé me rempli de douleur. J'ai gardé de nombreux documents de mes postes précédents. Pendant des années, je n'ai réussi à décrocher que des CDD, et à chaque entretien il me fallait décrire de façons convainquante mes postes précédents. Je jette, je veux faire place nette dans mon salon (4). Et surprise, dans un recoin, sur un bloc de post-it fuschia recouvert pendant des années par un autre bloc de papier, j'ai trouvé, à coté des résultats d'un tirage du loto, de l'adresse mail du syndic, de références de livres, un numéro de téléphone. Celui d'ex-Petit-Ami. La dernière fois que j'ai retrouvé son numéro, je l'ai jeté. C'est en effet à lui de m'appeler, pas à moi. C'est lui qui a besoin de moi. Enfin, avait besoin de moi. Il m'avait toujours rappelée, parfois après un an ou deux de silence. La dernière fois qu'il m'a appelée, c'était en septembre 2001, je m'en souviens car j'étais encore sous le choc du 11 septembre. Là, je crois que je n'entendrais plus parler de lui. Ca doit être ce qui me peine. D'ordre général, je ne supporte pas l'idée de ne plus revoir les gens. Surtout ceux qui ont compté (5). Mais lui, ça frise l'insupportable. Et non, il est hors de question que j'appelle. Le besoin n'est pas de lui parler, c'est de savoir qu'il a besoin de moi. Et si je tombe sur une voix féminine ? (1) Je n'avais pour l'instant jeté qu'un seul livre, en tous cas qu'un seul livre non scolaire (2)acheté. Il s'agissait de "Indo-Européanité", enfin un titre dans ce genre. Sur les recommandations de mon ami Olivier B, je m'étais rendue dans une librairie spécialisée me procurer ce ramassis de propos affirmant la supériorité de la "race Indo-Européenne" (Aryenne). J'avais rencontré Olivier en Allemagne. Il ne ressemblait pas aux autres garçons et je n'avais pas d'amis. Il habitait Strasbourg, moi Paris. Quand il s'est installé à Paris, je suis partie à Lille. Il n'y avait aucune romance entre nous mais quand je suis revenue sur Paris, il vivait avec Karine, qui n'a toujours traitée comme si j'étais autant son amie à elle. Nous nous sommes même vues toutes les deux sans lui à une occasion, je ne me souviens pas laquelle. Et pourtant, je trouvais à Karine un coté mesquin et égoïste gênant Mais pourtant c'est surtout ses théories à lui qui ont fini par me repugner le plus. Soutenir que les mutilations sexuelles subies par les femmes en Afrique ne devaient pas cesser au nom de la tradition, par exemple. Et puis, je suis partie deux semaines en Inde. En rentrant, j'ai trouvé un message d'eux me demandant de les rappeler au plus tard le jour même. Je suis tombée sur leur répondeur, je crois que j'ai oublié de spécifier que j'avais été absente. Je me suis demandée si'ils se mariaient. Ils ne m'ont jamais rappelée. J'ai toujours pensé qu'ils avaient été vexés de penser, à tort, que j'avais attendu le dernier jours pour les rappeler, et cela m'était égal. Je ne me souviens plus si j'ai été invitée à leur mariage. Par une amie commune rencontrée elle aussi en Allemagne, j'ai appris qu'ils avaient eu une petite fille. (2) Lors de mon dernier déménagement voilà huit ans, j'ai dû jeter un livre d'un de mes profs de macro économie d'Assas, Alain Redslob (3), livre dont l'achat était obligatoire pour passer un partiel qui devait porter quelques questions sur des chiffres que nous ne trouverions que là. Je n'ai certainement rien retenu du livre et comme personne n'a pu ni me l'emprunter ni me le voler, il a fini à la poubelle (3) j'ai encore ses polys, c'est dire si je suis conservatrice. A leur lecture, mon père, rendu furieux par leur contenu peu pédagogique, s'était exclamé que des profs pareils, il faudrait les fusiller. Je me souviens surtout qu'il s'était décrit comme Bac+13. (4) Où se trouvent encore des cours de DECF appartenant à Olivier. Si je savais où il habite désormais. (5) En fait, pas Aleksander

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